Ecriture2014-11-07T04:22:29+00:00
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    L’arène des Quohorik était de renommée transcontinentale, légende et merveille du pays de Galagos dans laquelle se tiennent les combats les plus féroces, les plus enragés. Conçue de façon simple elle abrite un terrain impitoyable basé sur les éléments : une partie est faite d’eau, avec de petites passerelles et des rochers épars, couverts d’algues jaunissantes et glissantes; une autre est faite de terre et de pierre, où des monticules de roche surplombent des escarpements et des éboulis; une autre partie est dédiée au feu, avec des plaques d’acier que les arèniers font chauffer à blanc, posées sur des grilles dont s’échappent des volutes de flammes en un brasier ardent…

    C’est dans cet environnement que s’est érigée une autre légende, celle de la vierge Yllmathilde, une combatante dont l’agilité et la grace n’ont d’égal que la froideur de ses deux lames d’acier… Venue des contrées glacées du fjord de Galma’el, peu de choses sont connues de son passé, mais on murmure dans les gradins qu’elle serait née des flammes de givre du dragon des glaces lorsqu’elles ont heurté la mer, formant une constellation de cristaux flamboyants faisant écho au ciel d’obsidienne clairsemée de pétales blanches que sont les étoiles au dessus, et de laquelle un pillier aurait émergé avec la vierge armée et parée à son sommet.

    Soudain, une vibration fracasse le silence, une corne de guerre est sonnée, puis une autre, et une autre encore, et, comme une coulée de boue, les spectateurs envahissent les gradins, une marée indisciplinée et barbare de guerriers et de nobliaux en tout genre, assoiffés de sang et de carnage… La herse de l’arène se lève et voici que cinq hommes à l’air vicieux de la tribu des épines de cristal émergent des ténèbres, armés de leurs lances et de leurs sabres courbes. En face, nulle autre que la vierge, seule, avec pour compagnons ses deux estramaçons, son armure du cuir souple.

    Les ennemis se jaugent, observent, tendus comme des cordes d’arc; et voila que les hommes persifflent la jeune femme, l’injuriant et la moquant au grand plaisir du public qui semble s’animer et se met à scander le cri rituel de l’arène : Ruoa Gwo Lam ! Du sang sur les lames !

    En un instant, un seul, et voila la vierge partie, traçant un parcours parmi les hauteurs du plateau de l’air, sautant de rocher en rocher avec une grace féline et sauvage tandis que ses adversaires se ruent sur sa position, tous fers dehors. Un coup d’estoc, une frappe de taille, un croc en jambes et une acrobatie furent suffisants pour ôter la vie à deux hommes et calmer les trois restants.

    « On va te trucider et après on sera célèbres !! Allez, en avant ! » intima le plus grand d’entre eux, vraisemblablement le chef. Ils adoptèrent une formation en triangle autour d’elle, et fermèrent l’étau simultanément de leurs fers de lances, mais la vierge fit un salto arrière pour atterir derrière l’un des hommes, se servit de lui comme bouclier contre les deux autres et emporta sa vie d’un baiser d’acier. Elle fit une roulade et un saut, voulant échapper à un assaut, s’enfuit vers les hauteurs, virevoltant de pierre en pierre, quand soudain elle bondit contre un pilier, tenant pendant un instant sa position avant de commencer à tomber, ce qui lui suffit à ouvrir tout le bas ventre de son assaillant qui arrivait en plein saut, incapable de s’arreter à temps.

    Mais le cinquième homme l’attendait à l’endroit de sa chute et lui infligea une sale blessure à la cuisse, la pinnant au sol d’un bond de fauve. « Jte tiens chaton… ça c’est pour Rufus et Cafus. » dit-il en lui déboitant l’épaule gauche en un craquement qui retentit dans l’arène. « Et ça c’est pour Edouard » une frappe au visage. « Et maintenant j’vais prendre mon temps pour te tuer…. d’abord je vais te refaire le portrait et te casser tes jolis membres, et après je vais te… » Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, la vierge lui asséna un coup de tête avant de faire une culbute, se dégageant avant d’embrocher le vaurien sur une lame qu’il avait oublié d’éloigner de sa captive.

    « Ne parles pas, frappes. » cracha t-elle, avant de s’effondrer sur le sol pour panser sa blessure et remettre son épaule avec un cri de douleur, puis elle se mit a rire, et le public hurla, vociférant son admiration pour la combattante tandis qu’elle se levait pour se diriger vers la sortie…

    Plus tard dans la soirée, elle reçut une visite d’un domestique à sa loge, un homme au teint basané, un peu dégingandé et gueux. Mais ses mots lui retirèrent toute griserie de sa victoire de l’après-midi : « Bien combattu, mais ça ne suffit pas à sa grandeur, il en faut encore d’avantage… et peut-être qu’on te laissera le voir… »

    A son départ, elle s’écroula sur son lit et se mit à pleurer.

    zap
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    Vogue sur la vie, fleuve volage valsant venu d’antan, chantant clairement, troublant, semé d’envies et de folies : vois la vie, viens, vagabonde au gré des sonnets claironnés, guillerets de mille villes, filles et garçons, envolons nous au son en amont, voyageons ! Ouvre tes yeux, ces feux joyeux par ces lieues, les sens tu? suis ces sensations, senteurs et souvenirs, désirs et plaisirs, apprécie la vie !

    zap
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    Softly light, a pitiful sight
    carried by hollow winds in a pitch black night
    the sorrowful blight, the scourge within,
    the end of youth, the life-fading sin

    that devours, that burns, that shreds the soul,
    deceiving howl, wretched coil
    which ichor corrupts and mind rusts
    dragging you to the soil, reason’s graveyard, foul

    Knowledge you must not trust
    their pledge is based on dust
    cast upon your eyes, maggots to your future
    he who listens is he who dies, a slave he is, their creature

    Do not feel dread, do not fear truth’s frail smile
    you will learn, but through life, your ordeal
    your innocence grinded through bloodlusting hail
    live and be, in this sea of troubles, oppose them, end them,

    and you shall be free, no pressure,
    no baleful influence, soaring through the wind,
    your life a pleasure, not a failure :
    an existance of light at leisure…

    zap
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    Assis dans un coin de la salle, le thane Eagan Crocbleu boudait sa choppe d’hydromel en oeuillant la salle d’un regard plein de promesses noires… D’aspect débraillé bien que d’allure fière, il se tenait vautré dans sa chaise au coin du feu. A coté de lui se tiennent une épée quelque peu rouillée et un écu dont les couleurs ont été peu à peu effacées par le temps et le climat.

    Lorsque trois sombres silhouettes battues de pluie entrèrent et se dirigèrent vers lui il ne bougea que pour indiquer l’arbalète de poche qu’il braquait sur eux.

    « Bonsoir, je suppose que c’est Eorlindas qui vous envoit? » demanda t’il d’une voix semblable au son que fait une scie sur du bois mort.  »

    « Tout juste, il veut que tu viennes avec nous et que tu nous obéisses comme le bon chien-chien que tu es.

    -Ou?

    -A la ferme des Randyll, y a encore des impayés et des histoires qui plaisent pas à Eo et on est chargés de faire l’inquisition. Tu verras, ça sera surement plus… marrant que prévu. » L’homme et ses compagnons exultaient visiblement, ce qui ne rendait le contraste que plus fort avec la morosité d’Eagan.

    « Quand? » Demanda ce dernier.

    -Ce soir ! Alors tu bouges ton gros fion et tu ramènes la ruine qui te sert d’arme et on se mets en route, y a du boulot ! Et files moi ça tiens » fit-il en finissant la choppe d’hydromel, ne faisant qu’ajouter à son état d’ivresse actuel.

    Eagan se leva en silence, et observa la vermine qui lui servait de compagnons forcés une fois encore : il y avait Arlos le soulard, un pauvre mec qui s’était réduit en esclave pour un peu de bière pisseuse que lui donnait Eorlindas, le grand manitou du coin. A coté de lui se tenait Vicelard, un gros tas de graisse enveloppée de cuir bouilli avec une face porcine et des yeux étrécis, et de l’autre coté, le Moine, un grand mec qui ne parle presque jamais, mais vous fixe de ses yeux noirs pleins de haine en titillant de sa main son pommeau de hache. Une bien charmante compagnie en somme.

    « Combien? » Demanda t’il de sa voix rocailleuse.

    -Ca tu le sauras une fois le boulot fait, tu vas pas te permettre de refuser de toute façon, t’as pas les c… » Eagan lui assena alors un grand coup dans le ventre, pliant en deux l’arrogant.

    -Tu fermes ton horrible clapet et tu réponds à ma question. Combien ça va me retirer de ma dette envers Eorlindas?

    -Je ne sais pas, dans les deux cents, trois cents, j’en sais rien jte jure ! »

    Ca c’était très louche, Eorlindas précisait toujours le montant débité de la dette qu’il avait…

    « Bon je vous suit, j’ai pas le choix de toute façon. »

    Eagan n’aima pas du tout le regard que se jetèrent alors les trois hommes, mais il les suivit néanmoins sous la pluie battante.

    zap
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    C’était un de ces arbres qui nous font parfois utiliser le terme de majestueux pour les décrire. Il était immense, atteignant facilement la hauteur d’un clocher d’église de bonne taille. Le fait qu’il était seul au milieux d’un vaste pré qui s’étendait à perte de vue ne faisait qu’amplifier l’impression de grandeur qu’il dégageait. Des branches énormes partaient en tous sens de son tronc, en une forêt de bois et de feuilles ondulantes sous la caresse du vent frais de l’automne, impossible à suivre tant on se perdait dans ses ramifications au sein desquelles se jouait un spectacle d’ombres et de lumières dansantes. C’était un arbre au bois fort et dur, dont l’écorce au bois quelque peu vermoulu par endroit arborait tant de lignes sinueuses et changeantes qu’on n’eut pu les dénombrer d’un long regard. C’était un arbre au bois évocateur d’âges passés, qui dégageait la force lente et vénérable de la vie végétale; dont la senteur faisait penser à ces petits chalets doux et agréables qu’on peut parfois avoir la chance de trouver en montagne, dans laquelle se mêlait l’odeur de la sève, du bois lui-même, quelque chose rappelant le soleil sur un ciel azur et la fraicheur de la mousse humide et du lichen. A cette fragrance s’ajoutait la lourde senteur de l’humus qui se dégageait de la terre se trouvant dans l’ombre de la myriade de branches et de brindilles du firmament s’offrant à celui qui levait ses yeux, ainsi que la petite chose propre aux parterres de champignons sauvages, douce mais puissante.

    Ses larges feuilles innombrables luisaient très faiblement à la lumière du jour, renvoyant un torrent de couleurs tel un caléidoscope dont le spectre partait d’un vert de jade profond et pur à de nerveux rouges et jaunes éclatants, en passant par des teintes si variées qu’on aurait dit que les feuilles concourraient pour ravir l’oeil de ceux qui s’attardaient à observer ce carnaval de couleur. Parfois l’une d’entre elles se décrochait sous la brise et voletait, glissant en exécutant des tracés arcaniques et imprévisibles, découvrant une nouvelle façon de présenter un dernier spectacle fugace avant de rejoindre le sol clairsemé de ses soeurs.

    Au pied de l’arbre on pouvait voir d’imposantes racines jaillir du tronc pour s’enfoncer profondément dans la terre implacablement qui soutenaient le tout avec une force que ne sauraient produire une centaine d’hommes. Un bon

    nombre d’oiseaux avaient choisi d’élire domicile dans les branchages, ou s’y étaient simplement perchés, et leurs chants s’entendaient de très loin, irradiant une sensation de calme et de joie qui rompait l’impression sombre et impressionnante émanant de l’arbre, cassant cette image d’éternité et d’inéluctabilité qui pouvaient attrister.

    C’était un de ces arbres que j’ai vu un jour, et qui m’a fait comprendre à quel point ce qui me semblait urgent et terrible n’était rien en vérité, qui m’a fait comprendre qu’on pouvait grandir et prospérer sans vitesse ni rage. Peut-être un jour vous aussi verrez un arbre comme celui-là, et alors vous comprendrez.

    Je vous souhaite de pouvoir vivre une expérience aussi marquante.

    zap
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    La pluie tombait drue sur les plaines d’Eh-Charro cette nuit comme souvent les nuits de la saison des nuages, arrosant le terrain habituellement sec en causant l’écoulement de rayons boueux qui glissaient comme tant de créatures grouillantes dans l’obscurité. Quatre silhouettes glissaient également dans le noir teinté de rouge qu’offrait Kachil, silencieusement vers une ferme de taille moyenne, écourtant la distance à chaque instant avant de s’arrêter à quelques mètres.

    « C’est la, Eo veut qu’on fasse un exemple de ces fumiers qui se débinent pour le payer. On rentre, on leur casse la gueule et on leur fait comprendre à qui ils ont à faire. Tu vas t’en charger, Crocbleu. Qu’ils n’oublient jamais ta sale tronche de crevure. » expliqua Arlos, l’air mauvais.

    « Pendant que vous…? » demanda Eagan de sa voix rocailleuse. « Nous on surveille au cas ou ils voudraient se casser et on t’attend dehors pour la suite. ça serait dommage qu’ils nous amènent les immolateurs sur le coin de la figure non? »

    « Je vois. Je ferrai le nécessaire. » dit Eagan d’un ton funeste. « Offre leur un séjour au royaume de Tymos, fais juste gaffe à pas les descendre. » lui intima Arlos tandis qu’Eagan se dirigeait vers la porte de la masure.

    A l’intérieur il pouvait entendre les sons d’un repas touchant à sa fin, une voix d’homme, non, de deux hommes, et d’une femme et un enfant. Son visage s’assombrit et il frappa à la porte, les sons s’arrêtaient, puis un des hommes demanda à travers la porte : « Qui va là? Que voulez-vous? ».

    « Eagan Crocbleu. Ouvrez la porte. Eorlindas m’envoie, vous savez pourquoi je suis ici. » répondit Eagan. « Non je ne sais pas, et je ne veux rien savoir d’Eorlindas. Allez vous en ! »

    Eagan eut un instant l’air énervé, ou peut être confus, puis enfonça la porte d’une grande frappe du pied, cassant le batant et envoyant l’homme derrière la porte à terre, qu’il approcha sans se presser avant de le faire sombrer dans l’inconscience en disant « On paie toujours ses dettes. ». Il se tourna alors vers les autres qui hurlaient, et fit face à celui qui devait être le fils du fermier. « Laisses tomber » dit-il au jeune qui s’était mis en posture de combat bien que tremblant de peur alors que Eagan s’avançait. Quand il fut à portée, le téméraire se jeta sur lui, et Eagan l’arrêta en lui mettant la main sur une épaule, avant de lui assener un formidable coup et de le laisser choir sur le coté, gémissant de douleur.

    « Cessez de hurler. » dit-il à la mère et son enfant d’une voix si rapeuse qu’ils obtempérèrent. « Vous savez pourquoi Eorlindas m’envoie. Vous paierez votre dette, comme moi la mienne. Ne pas le faire serait votre dernière erreur. ».

    « Mais nous n’avons pas de dette ! » couina la femme en serrant son enfant. « Mentir ne vous aidera pas. Vous paierez, d’une façon ou d’une autre. » fit-il, avant de rejoindre une fois de plus les ténèbres à l’extérieur avant de refermer la porte.

    Le Moine l’attendait un peu plus loin, et lui fit signe de suivre en se dirigeant vers la grange. Une fois devant, ils y retrouvèrent Arlos et Vicelard, et on lui donna une torche boute-feu, capable de brûler sous la pluie malgré son apparence trompeuse. « Voila la suite du plan, on va cramer la grange. Ca les forcera à travailler plus longtemps et plus durement pour Eorlindas, et ça ferra monter la dette avec le temps. Vas-y, brûles tout ! » dit il en poussant Eagan à l’intérieur.

    Il y avait du foin et des sacs de graines dans tous les coins, ainsi que quelques ustensiles de paysan. Y mettre le feu serait facile. Eagan approcha la torche de la paille… et s’arrêta juste avant.

    Non. Je ne peux pas faire ça, pas pour de l’argent. Mais je dois payer ma dette… Pensa Eagan, soudain pris de doute. Et c’est tiraillé entre son devoir et sa conscience qu’il lacha sa torche avant de la piétiner, et se rendit compte que le toit était déjà en feu, la porte fermée.

    Je vois. Ils espèrent que je mourrai ici. A eux aussi je paierai ma dette… pensa t il avant de chercher un moyen de sortir de l’enfer que devenait la grange.

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